En RD, les enquêtes judiciaires sur la corruption aboutissent – En Haïti, les présumés prédateurs de l’énonomie nationale reviennent au pouvoir “plus chef que jamais”

Le Président du Parti révolutionnaire moderne (PRM) Andrés Bautista
Corruption en République dominicaine: arrestation et incarcération ce matin d’une dizaine d’hommes politiques et membres du secteur privé
La police dominicaine a procédé ce matin à l’arrestation de 14 personnes accuses d’avoir reçu en 2014 des pots de vin (estimés à 92 millions de dollars) en vue d’attribuer en dehors des lois de passation de marches publics des contrats de construction de routes et d’une usine thermoélectrique au géant brésilien Odebrecht pour un montant de 2,5 milliards de dollars accordés à l’Etat dominicain sous forme de prêt par la Banque brésilienne de Développement (BNDES).
Parmi ler personnes arrêtées et incarcées, on retrouve :

les sénateurs Felix Bautista et Julio Cesar Valentin,
l’avocat Conrado Pittaluga,
l’ancien ministre des Travaux publics Victor Diaz Rua et son adjoint Ruddy González,
les entrepreneurs Ángel Rondón,Massimo D’Olio et
l’ancien vice-président exécutif de la Compagnie Dominicaine de l’Electricité Radhamés Segura et le directeur de cette institution étatique César Sánchez,
le ministre de l’Industrie et du Commerce Temístocles Montas,
le Président du Parti révolutionnaire moderne (PRM) Andrés Bautista,Bernardo Pichardo,
l’ex-sénateur Jesús -Chu- Vásquez,
l’ancien sénateur Jesus Vásquez –Chu.

Ont été également arrêtés ce matin Roberto Rodríguez, ancien directeur de la Société d’Etat chargée de l’approvisionnement en eau et de la gestion des égouts de Saint-Domingue (CAASD), et les députés Julio César Valentín et Alfredo Pacheco.

Très tôt ce matin, les télévisions dominicaines diffusaient en boucle les images de cette vaste opération menée par la police à Santo-Domingo dans le cadre d’une enquête judiciaire sur les activités du géant brésilien de la construction Odebrecht dans de nombreux pays de l’Amérique latine dont le Guatémala, le Panama, la Colombie, l’Equateur, le Pérou, le Vénézuéla, l’Argentine, la République dominicaine et bien sûur le Brésil. En effet, selon des documents du Ministère américain de la Justice, la compagnie brésilienne a reconnu avoir versé près de 750 millions de dollars de pots de vin en échange de juteux contrats d’infrastructures dans les pays sus-mentionnés.

Dans le cadre de cette enquête, le PDG de l’entreprise brésilienne Odebrecht M. Marcelo Odebrecht a été condamné en 2016 à 19 ans de prson ferme alors que plusieurs hommes politiques de l’Amérique latine ont été épinglés dont les anciens présidents Lula du Brésil, Alejandro Tolédo du Pérou, Ricardo Martinelli du Panama et l’actuel président de la Colombie Juan Manuel Santos.

En RD, les enquêtes judiciaires sur la corruption aboutissent – En Haïti, les présumés prédateurs de l’énonomie nationale reviennent au pouvoir “plus chef que jamais”
L’arrestation et l’incarcération de ces présumés prédateurs de l’économie dominicaine a été rendue possible grâce à une longue enquête de trois ans menée par la justice de ce pays en collaboration avec les autorités judiciaires américaines et brésiliennes sur le scandale de corruption de personnalités politiques et du secteur des affaires de la république voisine par le géant brésilien Odebrecht.
Chez nous en Haïti, cette enquête serait classée san suite car notre système judiciaire est extrêmement faible et controllé par les deux principaux centres du pouvoir (exécutif et législatif), des secteurs influents du secteur des affaires et de la presse.

Au cours de ces dix dernières années, on peut mentionner les cas de plusieurs hauts fonctionnaires de l’Etat accusés d’avoir siphonné les caisses de l’Etat qui ont du laisser le pays à la sauvette pour échapper aux griffes de la justice. En l’espace d’un matin, ils sont revenus en force au pouvoir “plus chef que jamais” comme ministre, sénateur, chef de cabinet ou conseiller du président de la république. Et ils sont bien accueillis par nos élites comme intervenants à la radio et à la télévision, conférenciers dans nos universités parce qu’ils ont le pouvoir de “gérer” un pays où le travail est un privilège. “
Où sont passés les centaines de millions de dollars de dons accordés à Haïti dans le cadre de la reconstruction après le séisme du 12 Janvier 2010 ? A quand la fin de l’enquête de la commission Éthique et Anti-Corruption du Sénat sur les fonds Petro Caribe (plus de 3,8 milliards de dollars de prêt du Vénézuéla) ?

Dans le rapport préliminaire rendu public au mois d’Août de l’année dernière, les commiassaires ont fait savoir que leur enquête a permis de confirmer des soupçons de corruption, de prevarication et de népotisme dans la gestion de Petro-Caribe. Il avaient même recommandé dans ce rapport que :

“ L’action publique soit mise en mouvement contre les actionnaires des firmes INFRATEC, GTC, TROPIC BUILD, NOELSAINT CONSTRUCTION, SETRAGEC, INTERLOC, BATIC GRANDANS afin de récupérer les fonds versés à ces firmes pour des travaux non executes.
L’ULCC approfondisse les investigations sur les firmes SOTEC, IBT, GENERALE CONSTRUCTION S.A., HADOM, ROFI, DISENOS R.N.M. pour surfacturation, violation des contrats et inéligibilité dans certains cas.

L’ULCC approfondisse l’enquête sur l’application des versements du fonds PetroCaribe au FAES et à l’UCLBP. “

10 mois après la publication de ce rapport préliminaire, aucun suivi n’a été fait à part l’audition très médiatisée de certains hauts fonctionnaires par les membres de la commission Éthique et Anti-Corruption du Sénat

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