Le gouvernement négocie avec les syndicats sur l’augmentation du prix du carburant…

À la pompe actuellement, la gazoline se vend à 189 gourdes le gallon, 149 gourdes pour le diesel et 148 gourdes pour le kérosène. Le gouvernement propose aux syndicats des transports en commun une augmentation faisant passer les prix respectivement à 305 gourdes, 237 gourdes et 231 gourdes. Aucune entente n’a été trouvée à l’issue de la rencontre tenue mardi au local du ministère de l’Economie et des Finances. Les deux parties se donnent à nouveau rendez-vous ce mercredi.

Pour se mettre d’accord sur une augmentation des prix des produits pétroliers sur le marché local, le gouvernement et les responsables d’associations syndicales des transports en commun multiplient les rencontres. Le gouvernement a proposé aux syndicats des transports en commun une augmentation sur les prix des produits pétroliers de l’ordre de 116 gourdes sur la gazoline, 88 gourdes sur le diesel et 84 gourdes sur le kérosène. Les prix passereaient respectivement à 305 gourdes, 237 gourdes et 231 gourdes.

« Nous n’avons pas accepté la proposition du gouvernement », a déclaré au Nouvelliste le syndicaliste Duclos Bénisoit, soulignant qu’ils ont laissé la rencontre afin de se concerter pour présenter au gouvernement leur proposition. « Puisque nous n’avons pas encore trouvé d’entente, nous allons faire une contre-proposition à la prochaine rencontre qui se tiendra demain (mercredi) », a-t-il affirmé au journal. Le gouvernement, a-t-il dit, veut ajouter 116 gourdes sur la gazoline, 88 gourdes sur le diesel et 84 gourdes sur le kérosène. Duclos Bénisoit a souligné que les associations syndicales vont prouver leur bonne foi à faire avancer les discussions. Il a confié au journal que lui et ses pairs vont accepter une augmentation sur les prix des produits pétroliers mais pas de la façon dont le gouvernement entend le faire. Il n’a pas voulu révéler au Nouvelliste la proposition que les syndicalistes comptent faire aux autorités ce mercredi. Toutefois, il a exigé des mesures d’accompagnement pour les chauffeurs des transports en commun.

Pour sa part, le conseiller spécial du président de la République, Guichard Doré, qui représentait le chef de l’Etat à la rencontre, a confirmé au journal que le gouvernement propose de faire passer le prix de la gazoline 189 à 305 gourdes le gallon, de 149 à 237 gourdes pour le diesel et de 148 à 231 gourdes pour le kérosène. Le pouvoir Tèt kale entend avoir un prix unitaire du carburant sur tout le territoire. Parce que le carburant est beaucoup moins cher en Haïti que de l’autre côté de l’île, des chauffeurs dominicains viennent régulièrement s’approvisionner sur le marché haïtien, a déploré Guichard Doré. C’est pourquoi le gouvernement veut fixer les prix du carburant sur le marché local suivant le même tarif que ceux de la République dominicaine. Il a fait remarquer que notre consommation en produits pétroliers est bien supérieure à notre parc d’automobile. Le conseiller du chef de l’Etat a par ailleurs rappelé que les transporteurs haïtiens ne sont pas les véritables bénéficiaires de la subvention sur le carburant. C’est pourquoi, le gouvernement promet aux transporteurs plusieurs types d’accompagnement comme une carte de sécurité sociale qui leur permettra d’avoir un fonds de retraite lorsqu’ils ne pourront plus travailler. Guichard Doré a en outre souligné que le parc automobile de transport public haïtien est vieillissant.

Dans les discussions avec les associations syndicales, le gouvernement se propose de créer un fonds de garantie pour permettre à nos transporteurs de faire l’acquisition de véhicules modernes. Il a rappelé que l’administration de Martelly avait déjà formé en 2015 une commission qui travaillait sur la modernisation des transports en commun. Mais, a-t-il regretté, le pouvoir de transition avait d’autres priorités et négligeait du coup cette commission. Cette structure sera réactivée, a-t-il annoncé. Selon M. Doré, depuis deux mois, le gouvernement est en pourparlers avec les syndicalistes sur une éventuelle augmentation du prix du carburant sur le marché local et sur la modernisation des transports en commun dans le pays. Il faut rappeler qu’en août 2016, sous l’administration de Privert, Jean Charles, les négociations avec les syndicalistes à propos de l’augmentation des prix des produits pétroliers avancaient à grands pas. A ce moment, le Parlement avait même pris une résolution interdisant au gouvernement d’augmenter les prix à la pompe.

Etaient présents à cette deuxième rencontre de la semaine sur l’augmentation du prix du carburant, des responsables de syndicats, des membres du gouvernement représentés par les ministères du Commerce, des Finances, des Affaires sociales, Guichard Doré, conseiller spécial du chef de l’Etat et le secrétaire général de la Primature qui a présidé la rencontre.

Source : http://www.lenouvelliste.com

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