Haïti et le Cacao : Alternative porteuse d’espoir!

En Haïti, le cacao est l’un des produits primaires le plus exporté. En 2016, selon la BRH, son exportation s’élève à $ 9,66 millions, soit une occupation de 33,35% des produits primaires. A noter que la production du cacao est plus répandue dans les départements du Nord et de la Grand ‘Anse. Au niveau de cette dernière, surtout dans la partie Ouest, le cacao représente la principale source de revenus des riverains d’où « Kakawo se Bank Peyizan ».

Les paysans ont affirmé que la production du cacao leur permet de répondre à tous leurs besoins. Cependant, depuis plus qu’une dizaine d’années, les producteurs n’ont bénéficié aucun accompagnement de la part de l’Etat. Ils ont trouvé un minimum d’appui des institutions comme CRS, BID, UNION EUROPEEN etc. Pendant la seconde récolte de l’année 2016, les plantations de cacao de la région de la Grand’Anse se sont retrouvées dans le chaos total avec le passage dévastateur de l’ouragan Matthew. Sept mois après ce désastre, il n’y pas une seule graine du cacaoyer dans la région. Les habitants se trouvent dans l’obligation d’importer le cacao du Nord. Et ceci, il n’ya pas un seul programme de relance de la part des autorités locales.

De ce fait, à l’occasion de la 10ème édition de la fête du Cacao organisée par la FESMAR dans la Grand’Anse Ouest (Moron, Chambellan, Dame-Marie, Anse-d’Hainault, les Irois), les riverains ont fait ressentir la nécessité pour les autorités locales de les accompagner pour la relance de la production dans la région. Ils ont fait leurs demandes à travers des défilés avec des plantules et des feuilles de cacaoyer en main. Les jeunes des différentes localités ont exprimé leur sentiment d’appartenance au cacao et leurs frustrations à travers des chants, des poésies et des pièces de théâtres.

Dans les ateliers de réflexions, les locaux demandent à L’Etat de faire une intervention pressante. Car, ils estiment qu’ils n’ont pas les moyens suffisant pour faire face aux dégâts causés par Matthew. Le coordonnateur général de la FESMAR, en l’occurrence l’ingénieur Ferney PIOU, nous a fait savoir que l’Etat doit poser des actions massives et conséquentes dans toutes les localités de la Grand’Anse pour pouvoir remédier à cette situation désastreuse. Il a dit qu’on doit commencer par l’émondage ou nettoyage des arbres, surtout les cacaoyers.
Les autorités locales doivent donner ou subventionner des semences, des plantules et des matériels de travail. Il a également mentionné que des agronomes et des techniciens agricoles doivent être mis à la disposition des producteurs. Pour lui, l’Etat doit procéder par la gouvernance participative, c’est-à-dire que tous les acteurs de toutes les communautés doivent participer directement dans toutes les actions. De plus, les locaux doivent bénéficier les plus grandes part des retombées économiques, sociales et environnementales.

La production du cacao est très importante pour la région de la Grand’Anse, surtout la partie Ouest. C’est un marqueur identitaire et la principale source de revenus des locaux. Pourtant, elle plonge dans une situation catastrophique après les dommages provoqués par Matthew. Pour faire face aux problèmes, les riverains ont fait un plaidoyer pour que l’Etat entreprenne des actions concrètes et raisonnables en urgence pour renverser cette situation.

Pouchonley Patrice SERIPHIN
Étudiant en Patrimoine et Tourisme à l’IERAH/ISERSS
Tel : +509 3644-9532
E-mail : [email protected]

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