Le mois de juin consacré à l’environnement

Le mois de juin est décrété « mois de l’environnement » en Haïti. Cette décision a été annoncée par le ministre de l’Environnement, Pierre Simon Georges, à l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, le 5 juin. Parallèlement à des activités réalisées par plusieurs groupes de la société civile, le ministre a participé, à Furcy, aux côtés des écoliers, à la mise en terre de plusieurs milliers de plantules.

Le ministre de l’Environnement, Pierre Simon Georges affirme que c’est le moment de sonner l’alarme pour que les Haïtiens se mettent à réparer les torts qu’ils ont faits à leur pays. En ce sens, il invite chaque citoyen à poser un acte pendant le mois de juin pour réduire les risques naturels. Rappelant que le 17 juin marquera la journée mondiale contre la désertification et la sécheresse, il dit croire qu’il est temps pour chaque citoyen de se rendre compte de l’urgence sur le plan environnemental. « De 60 % avant l’occupation américaine on est passé à 2 % de couverture forestière […] aux moindres averses nos villes sont inondées », déclare le Ministre qui affirme que les comportements irresponsables vis-à-vis de l’écosystème sont comparables à l’autodestruction.

« Faites un geste pour l’environnement », a lancé le ministre, Pierre Simon Georges. Ce message, il dit l’adresser à tous les Haïtiens, du Président de la République au plus humble des citoyens. Selon lui, la sensibilisation sur l’écocitoyenneté, la contribution à une bonne gestion des déchets ou encore la mise en terre de plantules par des familles ou des groupes d’amis sont parmi les bonnes actions qui peuvent faire du mois de l’environnement une réussite. « La nature n’a pas de couleur politique ». Pour le ministre Georges l’environnement constitue, en effet, un bien commun qui mérite d’être entretenu par tout le monde, peu importe son appartenance sociale ou politique.

Interrogé sur les priorités de son plan d’action, le titulaire du MDE a laissé entendre que l’urgence est telle qu’il n’y a pas lieu de définir des axes prioritaires. « C’est comme si on assistait à l’incendie de sa maison et qu’on devait tout faire pour empêcher sa destruction complète », a-t-il lancé. Le ministre estime que les interventions sont nécessaires sur tous les axes, citant le curage des rivières, le renforcement des bassins versants, la construction de murs de rétention, le reboisement des montagnes et l’assainissement des rues.

Mais les déclarations de bonne intention ne suffisent pas, de l’avis du vice-président de la commission environnement de la chambre des députés, Vikerson Garnier. Lors de son intervention sur une station de radio de la capitale, il a exprimé sa déception de constater que le Ministère de l’Environnement et d’autres acteurs concernés par la question ne font que multiplier des activités ponctuelles sans tenir compte des retombées. Le parlementaire a insisté sur la nécessité pour le MDE de disposer d’un plan stratégique permettant la mise en oeuvre d’une politique de redressement de l’environnement échelonné dans le temps. Il faut, selon le député de Thiotte, qu’il y ait des actions plus pointues sur la situation environnementale qu’il qualifie d’extrêmement grave. « Il ne suffit pas d’attendre des occasions pour poser des actions isolées qui n’auront aucun suivi », a-t-il déclaré.

La journée mondiale de l’environnement est célébrée chaque année le 5 juin autour d’un thème capable d’attirer l’attention sur une préoccupation. Le thème pour l’année 2017 est : « rapprocher les gens de la nature ». Cette journée est célébrée cette année sur fond de déception occasionnée par la décision du président américain, Donald Trump de retirer son pays de l’accord de Paris. Une vague de réactions hostiles a été déclenchée suite à cette annonce considérée comme un coup dur pour la lutte contre le réchauffement planétaire. L’accord de Paris vise à limiter la hausse de la température mondiale « bien en deçà de 2 °C » et « poursuivre les efforts pour limiter la hausse à 1,5 °C », par rapport au niveau d’avant la Révolution industrielle. Les États- Unis, faisant partie du trio de tête avec l’Union européenne et la Chine, avaient ainsi déclaré vouloir baisser leurs émissions de CO2 d’ici 2025 de 26 % à 28 % par rapport à 2005.

Kendi Zidor

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