Haïti-Politique : Le Député de Port-Salut Serait-il victime d’une agression armées ?

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Port-Salut le Dimanche 15 Octobre 2017.-Il était prévu que certaines personnalités de Port-au-Prince viennent manifester dans la métropole sud leur désaccord à la publication du budget national 2017-2018. Parmi ces gens, on y trouve l’ex-candidat à la présidence dénommé Moise Jean-Charles qui nourrit l’idée d’exiger la démission du chef d’Etat élu, Jovenel Moise.

L’honorable député de la circonscription de Port-Salut a pris part à la manifestation populaire qui a eu lieu aux Cayes et quelques manifestants proches du pouvoir ont voulu manifester contre la venue de l’ancien candidat Moise Jean-Charles dans la métropole. La police est alertée et des mesures ont été prises pour éviter des affrontements entre les deux groupes rivaux. Selon les informations recueillies, des coups de feu ont été tirés par les forces de l’ordre afin de disperser les manifestants. Le député de Port-Salut n’a pas été blessé ni l’ex-candidat malheureux aux élections générales qui ont porté au pouvoir le président Jovenel Moise.

On doit reconnaître que le droit de manifester sa désapprobation à une politique gouvernementale est une garantie constitutionnelle. L’opposition ne peut pas être contrainte d’une force répressive lorsqu’elle exige le retrait de la loi sur le budget national 2017-2018 qui rentre en vigueur depuis le 2 octobre 2017. Est-ce qu’elle aura gain de cause par des manifestations populaires? Est-ce que le président Jovenel Moise devrait être tenu responsable du vote du budget national? Faudrait-il violer la constitution haïtienne qui exige dès qu’une loi est votée par le Parlement, le président doit procéder à sa publication dans le journal officiel de la République? Dans ce contexte politique tendu, il est important d’analyser les faits de manière objective pour permettre aux lecteurs avisés de bien comprendre l’enjeu actuel.

À la vérité, les manifestations publiques à répétition constituent une stratégie politique permettant à certains secteurs de la société de forcer le régime de Moise/Lafontant à reconsidérer son orientation politique. Ces manifestations intempestives visent aussi à paralyser les activités économiques du pays et à empêcher les jeunes de suivre leur programme scolaire. Le résultat des examens officiels est la preuve de la déchéance de nos institutions à cause de l’instabilité politique créée par des gens qui ne soucient pas réellement de l’avenir du pays.

Si autrefois, on pouvait dire que l’éducation élève l’homme à la dignité de son être; ce n’est plus le cas aujourd’hui, sans instruction on deviendrait député ou sénateur de la république et pourquoi pas président. La situation est très grave, on trouve des imbéciles et des corrompus qui veulent imposer leur quatre volontés à une nation entière.

Ce qui est drôle, les politiciens qui manifestent en compagnie des chômeurs ne font que régler leur propre agenda en utilisant la misère de leurs frères et sœurs. Ils n’ont pas vraiment à cœur les difficultés socio-économiques du pays et ils ne sont pas conscients que l’instabilité politique pourrait engendrer le maintien d’une force militaire étrangère afin d’hypothéquer la souveraineté nationale.

On est des patriotes et on est très fier de notre pays créateur d’histoires. On ne tolère pas la violence gratuite ni des propos incendiaires d’un élu ou d’un politique qui incitent à la violence contre un secteur de la société. On n’est pas lié à aucune organisation politique et on ne cherche pas à défendre un clan par rapport à un autre.

On souhaite une opposition constructive et responsable pour faire le contrepoids du régime en place. On aimerait que le secteur démocratique puisse s’organiser pour offrir une opposition structurée au régime de Moise/Lafontant de manière à exiger la transparence et à veiller aux intérêts des couches déshéritées. On ne tolère pas le discours qui exige la démission d’un président élu après des dépenses électorales très coûteuses. Les élections à répétition ne sont pas une bonne chose pour l’economie du pays.

À notre avis, le secteur sois-disant démocratique doit faire son introspection ou une auto-évaluation avant d’exiger le renversement d’un régime élu de manière démocratique. On doit se préparer pour le prochain rendez-vous en 2022 afin que la lutte pour le renversement de Joseph Michel Martelly ne reproduise pas le résultat qu’on redoute actuellement.

On est très content que le député de la circonscription de Port-Salut n’a pas été blessé par des projectiles et on a entendu sa réaction sur les ondes qu’il se porte bien. Il en est de même pour l’ex-candidat présidentiel malheureux Moise Jean-Charles qui a rendu visite aux gens de la métropole sud. A un moment où tous les artères de la ville des Cayes profitent de l’asphaltage du caravane de changement, le moment est mal choisi pour critiquer un régime qui fait des actions concrètes au centre-ville.

Les faits démontrent que les forces de la sécurité publique ont intervenu samedi 14 octobre pour dissiper les deux groupes rivaux qui s’affrontaient afin d’éviter des effusions de sang. Il ne s’agit pas des coups de feux qui visent directement à intimider Docteur Bertrand Sinal ni Moise Jean-Charles. Toute tentative de récupération politique visant à relier cet incident regrettable au régime de Moise/Lafontant ou à la Mairie des Cayes serait irresponsable. Ce faisant, cela traduirait à un manque flagrant de crédibilité de l’opposition du secteur démocratique.

Jean-Marie Mondésir
Juriste haïtien
Spécialiste en droit civil