Présidentielle : Le Mexique vers un tournant historique – Quels enjeux pour Haiti?

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Le pays aztèque est à moins d’un mois des élections présidentielles mettant aux prises quatre candidats: Andrés Manuel López Obrador du parti MORENA (La brune en français) Mouvement de la régénération nationale; José Antonio Meade du PRI, Parti révolutionnaire institutionnel, au pouvoir depuis plus de 70 ans; Ricardo Anaya, du PAN, Parti Action nationale, en deux occasions à la présidence; Jaime Rodríguez, gouverneur du riche état septentrional, Nuevo León comme indépendant.

Le premier juillet prochain, environ 80 millions de mexicains d’ici et d’ailleurs prendront le chemin des urnes pour choisir l’un des poulains sus-mentionnés au timon des affaires. Le grand favori reste et demeure Andrés Manuel López Obrador du parti de gauche d’à peine trois ans de création cependant l’horizon est nébuleux dans un pays où la fraude électorale est monnaie courante.

Les mexicains en ont marre d’un vieux régime fait de corruption.
Meade, candidat du parti de droite au pouvoir a du mal à accorder ses violons à l’issue de certaines réformes structurelles où le prix du carburant est passé de onze à vingt pesos soit un dollar le litre, alors que le salaire minimum est à peine cinq dollars une journée de huit heures.

Ricardo Anaya, en deuxième position, un très jeune politique, polyglotte de 39 ans enterré dans des scandales de corruption, allié du parti au pouvoir.

Jaime Rodríguez n’a absolument aucune chance, c’est la lanterne rouge, politicien d’un franc parler qui, parfois perd le contrôle de ses dires.

Andrés Manuel López Obrador, ex-bourgmestre de México draine des foules immenses et kilométriques, incarne le changement, mène une vie dirait-on, humble et austère, originaire de l’état de Tabasco d’un accent plus sud-américain que mexicain. Candidat à la présidence pour la troisième fois, ferait son raz-de-marée grâce à une popularité indicible selon les différents sondages.

Le Mexique, l’un des pays les plus riches du monde en ressources naturelles, n’a pas pu faire le miracle économique tant attendu à cause du gaspillage des fonds publics. Les gens sont nobles, hospitaliers et peut-être trop patients devant le jemenfoutisme de la classe dirigeante.

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Un pays où les médias sont tous contrôlés par le pouvoir, jettent les gens dans l’hibernation grâce aux feuilletons télévisés « toute la sainte journée », avant que les réseaux sociaux ne viennent tout écrabouiller.

Quels enjeux pour Haiti ?

Les Haïtiens ont toujours compris qu’ils doivent absolument miser sur les États-Unis, le Canada et l’Europe minimisant des alliés comme le Mexique.

Dans le dernier débat des candidats mexicains, le nom d’Haïti était au centre comme le pays qu’il faut aider sachant que des milliers d’haïtiens se sont vus bloqués à Tijuana à quelques encablures de San Diego.

Après le passage du séisme, en dépit de ses problèmes, le Mexique a accordé 300 bourses d’études à des jeunes Haïtiens éparpillés dans des universités publiques sans examens d’admission comme ça se fait normalement. Il va falloir se demander si Haïti est prête à recevoir ces récipiendaires pour leur mettre au service d’une reconstruction en attente.

On sait que l’ambassadeur Guy Lamothe n’a jamais cessé d’encadrer ces boursiers qui sont comme ses enfants mais ça doit être une tâche d’équipe.

Haïti a grand besoin du Mexique tout comme le Mexique a besoin d’Haïti.

J’ai souvent suggéré à l’état haïtien de donner quelque chose en retour ce qu’il ne comprend pas encore. Haïti peut aisément préparer et exporter des professeurs de français à partir de l’école normale supérieure. Le Mexique en a grandement besoin dans la formation de ses cadres en Commerce Extérieur, en Tourisme, en Gastronomie et j’en passe.

Actuellement, le français devient une langue à forte demande au Mexique. Il va sans dire que son objectif c’est de devenir membre observateur de la francophonie à l’instar de l’Égypte, de la Roumanie etc… Chaque année, la France envoie une centaine d’assistants au Mexique sous la demande expresse de son ministère de l’instruction publique.

En dépit de tout, Haïti ne veut rien comprendre…

Ed Exil-Noël
Analyste

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