Qui veut dialoguer avec le Premier ministre Jean-Henry Céant ?

Le président de la République compte sur son Premier ministre pour dialoguer avec tous les secteurs en vue de sortir de la crise politique qui secoue le pays. Jean-Henry Céant a déjà soumis pour approbation à Jovenel Moïse un programme de dialogue avec des points qu’il compte proposer à l’opposition politique. Toutefois, il n’y a aucun enthousiasme dans la classe politique pour dialoguer avec le chef de la Primature.

Dans le plan de dialogue de Jean-Henry Céant, il y a plusieurs propositions de pactes de discussion. D’abord, dans le pacte politique, le chef du gouvernement propose « un partage de responsabilité au gouvernement avec les acteurs politiques dans le meilleur délai, voire même avant la fin de l’année », a confié au Nouvelliste un haut cadre de la Primature. Il y a aussi la proposition d’un consensus pour un amendement de la Constitution, l’organisation des élections, la réforme de l’État, une conférence nationale, entre autres.

Ensuite, il y a le pacte économique qui va permettre au gouvernement de trouver plus de moyens économiques dans des secteurs biens spécifiques, comme pousser les entreprises mixtes à donner plus d’argent au gouvernement, toujours selon notre source proche de Jean-Henry Céant.

Il y a aussi dans le programme de dialogue le pacte social qui devrait permettre aux plus vulnérables de bénéficier de programmes sociaux.

Notre contact à la Primature a souligné que, dans le programme de dialogue que propose Jean-Henry Céant, sa démission et celle du président de la République ne sont pas inscrites. Toutefois, les postes ministériels sont sur la table.

L’organisation politique Fanmi Lavalas n’a pas encore eu connaissance du programme de dialogue du Premier ministre. Mais à entendre parler Joël Vorbe, l’un des membres du directoire du parti, dans une interview accordée mercredi au Nouvelliste, ce n’est même pas nécessaire pour lui d’avoir le document. Le parti de Jean-Bertrand Aristide reste accroché à sa proposition de sortie de crise: « 1- obtenir la démission de Jovenel Moïse par la mobilisation générale (sous toutes ses formes); 2)- démission de Jean-Henry Céant et de ses ministres; 3- constater le dysfonctionnement et la caducité du Parlement; 4- mettre en place un exécutif et un gouvernement de salut public pour assurer une transition de 36 mois au cours desquels ils devront respecter et satisfaire les priorités définies dans une feuille de route leur tenant lieu de mandat / termes de référence pour les objectifs et actions du gouvernement de transition ».

La position du secteur dit démocratique et populaire n’est pas différente. « Nous avons des revendications très claires. Toute négociation politique sérieuse doit se dérouler autour de la démission du président de la République. Pour nous, ce que nous vivons aujourd’hui, c’est le résultat de la faillite de Jovenel Moïse », a lancé Me André Michel, porte-parole de cette structure de l’opposition politique.

« Le Premier ministre Jean-Henry Céant n’a aucune autorité pour engager un dialogue politique. Il n’a pas d’autorité, il a formé un gouvernement sur lequel il n’a aucune marge politique. C’est un gouvernement formé par Michel Martelly, Jovenel Moïse et le PHTK », a dénoncé Me Michel pour enfin dire qu’il n’entend pas dialoguer avec le Premier ministre.

Pour sa part, la Fusion veut d’abord prendre connaissance du plan de dialogue de Jean-Henry Céant avant tout. Rosemond Pradel, secrétaire général du parti, croit que pour sortir de la crise « il faut une concertation réelle entre les secteurs clés de la vie nationale ». Pour lui, la situation du pays est l’échec de toutes les élites d’Haïti à un niveau ou un autre.

Dans un autre registre, parlant au nom des organisations politiques Bouclier, Consortium national des partis politiques haïtiens, G50/Gwoup 17 pati politik, KID, PHTK, plateforme politique G18 et la plateforme VERITE qui supportent le pouvoir, Liné Balthazar se dit prêt à participer au dialogue.

Ce plan de dialogue que va proposer le Premier ministre, c’est sa troisième grande décision politique depuis sa nomination le 17 septembre dernier. Les deux premières avaient en quelque sorte échoué. La première, c’était la création d’une task force pour faire baisser les prix des produits de première nécessité sur le marché local au profit des petites bourses. On n’entend pratiquement plus parler de ce projet. Ensuite, Jean-Henry Céant avait voulu former une commission de vérité indépendante pour faire la lumière sur l’utilisation et la gestion du fonds PetroCaribe. Aucun des secteurs qu’il avait ciblés n’a voulu faire partie de cette structure. Pour le moment, la seule grande victoire du Premier ministre, c’est le vote de son énoncé de politique générale au Parlement.

Robenson Geffrard

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