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Armée d`Haiti : Prosper Avril prévoit des « conséquences néfastes » avec une armée sans mission…

Né le 12 Décembre, 1937 Matthieu Prosper Avril a été membre de de la garde présidentielle de François Duvalier et conseiller de Jean-Claude Duvalier. Parvenu au grade de lieutenant-général, il a conduit un coup d’Etat contre le gouvernement militaire du général Henri Namphy, installé après le renversement brutal du président Leslie François Manigat et est devenu président de la république de septembre 1988 à mars 1990, une période qui, selon Amnesty International a été « entachée de graves violations des droits de l’homme ».

Vendredi 21 juillet 2017 ((rezonodwes.com))– En tant que militaire de carrière et ancien président de la République, je salue l’heureuse décision que vient de prendre le président Jovenel Moïse de réhabiliter l’institution militaire haïtienne en conformité avec des prescriptions de la Constitution du pays. Pour ma part, il s’agit d’une démarche lucide, indispensable pour la pérennité de la patrie commune.

Cependant, de nos jours, beaucoup de mes concitoyens font encore état de leurs préoccupations concernant cette décision. Ils évoquent généralement, à ce propos, deux craintes majeures: celle d’une résurgence du phénomène des coups d’État militaires qui ont traumatisé le pays dans le passé, et celle de voir réapparaître des cas de violation des droits des citoyens de la part de certains militaires dans l’accomplissement de leurs tâches (Lame koudeta, lame kraze zo).

«Une armée sans mission, a dit récemment un officiel américain en visite dans le pays, est susceptible de se transformer en un atelier de démons». Cette pensée tout à fait judicieuse devait être considérée comme un conseil salutaire.

L’absence d’une mission bien définie ou l’attribution d’une mission nocive à une force armée aura certainement des conséquences néfastes sur le comportement de ses membres.

Or, ce n’est pas l’armée qui fait les lois qui la gouvernent. Dans le cas qui nous concerne, précisément, l’erreur commise sur le plan légal en accordant des prérogatives illimitées à la force armée lors de sa création en l’année 1915 a grandement contribué à dénaturer l’institution militaire. Faisons rapidement un rappel historique sur ce point.

L’article X du traité signé le 16 septembre 1915 entre les Etats-Unis d’Amérique et la République d’Haïti concernant la création de la force armée stipulait:

« Le gouvernement haïtien, en vue de la préservation de la paix intérieure, de la sécurité des droits individuels et de la complète observance de ce traité, s’engage à créer sans délai une gendarmerie efficace, rurale et urbaine, composée d’Haïtiens».

La force armée était donc créée d’abord comme moyen de coercition pour l’observance stricte du traité d’occupation (d’où son emploi pour l’extermination des Haïtiens révoltés dénommés “cacos”) et pour sécuriser les droits des citoyens, ce qui autorisait son intervention au niveau politique. Il ne faut pas oublier que cette force armée était commandée par des officiers américains commissionnés par le président d’Haïti.

L’année suivante, le 24 août 1916, un accord fut signé à Washington entre les gouvernements haïtien et américain dans lequel l’article IV confiait pratiquement le pays à la force armée en y renouvelant les mêmes attributions :

« La Gendarmerie sera considérée comme l’unique force militaire et de police de la République d’Haïti, revêtue du plein pouvoir pour maintenir la paix intérieure, garantir les droits individuels et faire strictement observer les clauses du traité.»

Avoir les pleins pouvoirs pour maintenir la paix intérieure, cela dit vraiment beaucoup. Ces prérogatives extraordinaires attribuées à la force armée dès sa création constituent le fondement de la descente aux enfers de l’institution militaire haïtienne. Un corps militaire, donc d’essence apolitique, s’était vu investi du rôle de gardien du respect des droits du peuple, une fonction éminemment politique qui revient plutôt aux trois pouvoirs de l’État, en particulier au Parlement haïtien.

Une vérité que l’intellectuel avisé devrait reconnaître avant toute analyse: Qui était dans le collimateur des signataires du Traité en accordant tant de pouvoirs à la force armée si ce n’est le pouvoir politique? L’évidence d’une telle volonté est claire si l’on observe que le phénomène des coups d’État a effectivement pris naissance en décembre 1937, lorsque des officiers ont cru devoir sanctionner le comportement du président Sténio Vincent qui n’avait pas, selon eux, pris la défense des droits de nos compatriotes dans le dossier relatif au massacre des Haïtiens en République voisine.

Un autre fait de l’histoire non moins important à souligner: à la chute du président Elie Lescot en 1946, ce sont les leaders politiques eux-mêmes qui avaient donné leur appui total à la première junte de notre histoire «par une énorme manifestation publique de soutien suivi d’un défilé jusqu’aux abords du Quartier général». ( Roger Dorsinville dans Marche Arrière, p. 129).Voilà le fait qui avait, pour ainsi dire, donné goût à certains militaires d’occuper les espaces du pouvoir. Cinq ans plus tard, c’était le coup d’État contre le président Estimé, en réaction à sa décision prise, en tant que chef d’État, de renvoyer le Sénat de la République.

Fort de l’expérience vécue en tant que ministre du président Estimé au moment de la chute de ce dernier, François Duvalier entreprit, à sa façon, bien sûr, de résoudre le problème. Il réussit l’exploit «d’enlever à l’armée son rôle d’arbitre dans les décisions politiques nationales», ce qu’il réalisa en deux étapes.

D’abord, il fit rédiger la Constitution de 1957 qui, en son article 173, définit un nouveau rôle à la force armée en lui enlevant les pleins pouvoirs qu’elle détenait et en la plaçant formellement sous les ordres de l’autorité civile:
*Les Forces Armées sont instituées pour défendre l’intégrité du Territoire et la Souveraineté de la République, maintenir l’ordre public en tant qu’auxiliaire de l’autorité civile de qui elles relèvent.

*Le Président de la République est le Chef Suprême des Forces Armées et des Forces de Police; tous ceux qui commandent les dites forces sont censés recevoir délégation de Lui; il prend toutes décisions dans le cadre de la Constitution, de la loi et des règlements en vigueur.»

Puis, après avoir ramené la force armée à ce qu’il considère comme sa juste dimension, il profite sept mois plus tard, de l’invasion des Casernes Dessalines de 1958 pour lui créer un contre-poids: la milice civile.
Résultats: aucun coup d’État n’a eu lieu pendant les 29 années de pouvoir duvaliériste. Le cycle n’a repris qu’après la chute du régime après le licenciement de la milice et le recadrage des rapports du chef de l’État avec l’institution militaire par l’article 131 de la Constitution de 1987: «Le président est le chef nominal des Forces Armées d’Haïti. Il ne les commande jamais en personne».

L’armée avait repris son statut d’antan. L’idée nocive de “garantir les droits du peuple” face au gouvernement établi avait émergé de nouveau. C’est d’ailleurs en ce sens que le coup de force du 30 septembre 1991 a été qualifié de «correction démocratique” et non de coup d’État par ses auteurs, estimant à tort qu’il revenait à la force armée d’agir pour rectifier les écarts du gouvernement. Il faut donc, au préalable, définir la nouvelle philosophie de la nouvelle force militaire en se lançant dans la concrétisation du projet.
Quant au deuxième volet des appréhensions, la répétition des cas de violations des droits humains, l’existence de l’institution policière est venue résoudre le problème. Faire la police des villes et des campagnes, s’occuper des prisons et des prisonniers, etc, ne seront plus des attributions de la force armée.

Souvent les cas de violations sont l’initiative d’éléments isolés, mais les effets rejaillissent sur toute l’institution. La nouvelle force armée n’aura plus le rôle de rappeler à l’ordre les éléments déviants de la population, sauf de façon ponctuelle quand le problème dépasse les possibilités d’opération de la Police Nationale, et ce sur ordre du gouvernement de la République. De plus, la présence de deux institutions, armée et police séparées, ne répondant pas à la même chaîne de commandement établira à coup sûr un heureux équilibre au sein de la société haïtienne.

Ceci dit, quelle armée et quelle est la mission?

La mission de cette armée peut se résumer selon la tritique suivant: relever l’honneur et la dignité nationale, participer au développement du pays et défendre la population et l’intégrité du territoire. Ce qui pourrait être réalisé par la création d’une garde d’honneur, d’un corps de gardes forestiers et d’une unité de combat à la dimension d’un régiment. La garde d’honneur ne devrait pas être une garde prétorienne, comme auparavant, armée de canons, de chars d’assaut et d’armes de guerre, mais plutôt une garde républicaine, armée seulement de fusils pour le service de garde intérieure et les cérémonies de protocole. Le corps de gardes forestiers serait très mobile pour la protection de l’écologie, et le régiment d’infanterie devrait avoir ses unités stationnées dans des points précis du territoire national prêtes à protéger les frontières terrestres, maritimes et aériennes du pays.

Dans cette optique, le pays n’aura pas à entretenir une forte armée, comme beaucoup le craignent au point de vue du budget de la République. Il peut se doter d’une force militaire de dimension réduite (5 000 hommes) dont l’implantation peut être échelonnée sur 5 ou 10 ans. Pour s’assurer d’un effectif suffisant en cas de danger national, les bases militaires devront être transformées en centres de formation dans le cadre de la concrétisation du Service militaire obligatoire prévu par la Constitution, en vue de rendre la jeunesse haïtienne apte à être mobilisée aux côtés de l’armée, le cas échéant.
Mais attention!

La mise sur pied de cette nouvelle force armée implique des initiatives préparatoires et une programmation méthodique, réfléchie et responsable.
Le préalable indispensable est l’établissement des critères de fonctionnement de l’institution. Il faut veiller à ce qu’il ne soit attribué à la force armée que des tâches spécifiquement militaires, en harmonie avec les missions définies par la Constitution. Il n’est plus indiqué que les mêmes erreurs d’autrefois se renouvellent au niveau légal. Le militaire doit être bien imbu des limites que la loi lui impose dans l’exercice de ses fonctions. Pour ce faire, un comité restreint de militaires chevronnés, assistés de quelques juristes, devrait plancher dans l’immédiat sur l’élaboration ou la mise à jour des textes légaux devant régir la nouvelle institution militaire. Les anciens règlements qui indiquent que tous les officiers de l’armée sont des officiers de police doivent être remaniés.

En effet, il faut, au départ, que les points suivants soient bien fixés:

1. Les Règlements Généraux (11 chapitres).
a) Organisation et Administration.
b) Grades, préséances, commandements et devoirs.
c) Enrôlements, mutations, promotions, rétrogradations et séparations de service.
d) Instruction et formation du personnel officiers, sous-officiers et soldats.
e) Renseignements militaires.
f) Cérémonial.
g) Congé et permission.
h) Statuts des officiers.
i) Correspondances et formules d’ordonnances.
j) Archives et Rapports.
k) La Constitution en vigueur et la formule de Serment que doit prêter tout membre de l’institution.
2. Les Règlements de l’Uniforme.
3. Le Manuel du Quartier-Maître.
4. Le Manuel de Justice Militaire.

Cette étape une fois franchie, suivraient les initiatives pour mettre en place les structures militaires telles que prévues par les textes de lois et par la programmation retenue par les responsables. Toute approche précipitée dans la mise en œuvre de ce projet si délicat peut conduire à la catastrophe. Ce qui n’est nullement à souhaiter.

Voilà, en brèves hâchures d’idées, la réflexion d’un citoyen à l’occasion de ce grand événement annoncé par le gouvernement de la République. Je souhaite bonne besogne à ceux chargés de concrétiser ce projet vital pour la pérennité de la nation. Et je renouvelle mes félicitations au président de la République.

Prosper Avril 
Lieutenant-Général (ret) FAd’H Ancien président de la République [email protected]
Pétion-Ville, le 20 juillet 2017

http://lenouvelliste.com/article/173666/prosper-avril-se-prononce-la-rehabilitation-de-la-force-armee-une-decision-heureuse-mais

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Haiti-PNH/Minustha/RD: Gédéon et chef de la Minustha en République Dominicaine

Michael Gédéon et Vigil James Francis et le Chef de la Minustha se retrouvaient en République Dominicaine, vendredi après-midi. Ils disent se rendre de l’autre côté de la frontière pour discuter de « sécurité » avec le ministre dominicain de la Défense.
Santo Domingo, vendredi 21 juillet 2017, ((rezonodwes.com)).-A l’heure actuelle où toutes les discussions se portent sur la faisabilité du recrutement d’une nouvelle classe de soldats devant éventuellement venir assurer la sécurité des frontières, a-t-on laissé entendre dans les milieux gouvernementaux, la PNH, pour sa part, planifie déjà l’après-Minustha en allant à la rencontre des autorités dominicaines.

Effectivement, le ministre dominicain de la Défense, Ruben Dario Paulino Sem, a eu vendredi, des pourparlers, avec le Directeur Général de la PNH, M. Michael Gédéon, et le chef de la Minustha. La rencontre, selon ce qu’a appris vendredi soir Rezo Nòdwès, s’est déroulée autour de la sécurité des zones frontalières séparant les deux pays., spécialement pour les dominicains qui voient arriver chez eux, presqu’au quotidien, un flux migratoire.

A cet entretien d’une durée d’une heure de temps, a participé également M. Vigil Recien Francis, Inspecteur général de la PNH qui est en charge de la Coopération Internationale de l’institution policière avec l’étranger. M. Francis a déclaré qu’ils (Gédéon et lui) sont venus en République Dominicaine, pour discuter des stratégies à adopter pour rendre plus efficaces les contrôles tout le long de la frontière haitiano-dominicaine.

Le haut-gradé de la PNH s’est dit « garder l’espoir que cette rencontre entre les officiels des deux pays permettra de venir avec de nouvelles idées et d’autres issues résultant d’une coopération mutuelle pouvant les aider à contourner des difficultés les affectant tous« .

L’Inspecteur Francis, en outre, a avancé que d’autres rencontres se suivront et que la délégation haïtienne va se réunir « avec plusieurs organismes dominicains qui traitent de la sécurité nationale de la République Dominicaine, pour discuter des questions relatives à la sécurité nationale elle-même et les points frontaliers entre les deux pays ».

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Constitution, armée, occupation, frontières, Henri Namphy sort de son silence

Source Listin Diario | Traduction Patrick STPRE / Le NouvellistePour la première fois depuis qu’il a quitté le pays en 1988, le général Henri Namphy, qui vit en République dominicaine, a accordé une longue entrevue au journal Listin Diario que nous reprenons intégralement.

L’ancien président d’Haïti, le lieutenant-général à la retraite Henri Namphy, dans un entretien accordé à Listin Diario, l’unique depuis qu’il a quitté ses fonctions en 1987, a admis qu’ « au cours de notre histoire, nous n’avons rien fait pour emprunter un nouveau chemin ».  Il a notamment abordé des thèmes comme la migration, le principal obstacle entravant la remobilisation de l’armée d’Haïti, l’incapacité d’extraire son pays natal du marasme, sans compter sur une éducation de base et aussi la responsabilité des Haïtiens dans tous les problèmes auxquels fait face Haïti.

À 84 ans, l’ancien chef d’état-major des FAD’H, après 29 ans de résidence en République dominicaine, est parvenu à la conclusion qu’Haïti est un État failli, et que nous « les Haïtiens sommes les responsables ». Retour sur cette première interview accordée par le général Namphy au journal dominicain.

Comment évaluez-vous la situation actuelle en Haïti?

Cela fait 29 ans depuis que je vis en République dominicaine sans accorder d’interviews ni participer à la politique. Depuis tout ce temps, il devient très difficile de voir de loin, mais cela ne vous empêche pas d’évaluer en général la situation dans mon pays, comme Haïtien, je suis obligé de réfléchir et de chercher des solutions.

Dans les médias et à l’étranger on parle beaucoup d’Haïti, mais je vois que les opinions sont émises sans une vraie connaissance de la réalité haïtienne; une compréhension approfondie pour pouvoir rechercher des solutions à nos problèmes est nécessaire.

Le problème d’Haïti n’est pas essentiellement politique. Il réside dans l’éducation. Haïti a trois problèmes: éducation, éducation et éducation. Sans éducation, le citoyen n’existe pas, on ne peut pas parler de démocratie sans le citoyen. Mais il s’agit d’une question très complexe, car il est très difficile, cependant, de monter un programme éducatif qui mettra fin à l’analphabétisme.

Haïti est un pays avec une population rurale dispersée, il est donc très difficile d’éduquer les villageois.

Je ne doute pas qu’en Haïti, on travaille avec fermeté et volonté politique dans cette direction, que le pays sera organisé et développé.

Haïti est un État défaillant?

La plupart du temps,  il n’y a pas de gouvernement, pas d’État, pas d’institutions pour former un État. On devrait créer des institutions fortes afin de penser à un État de droit. Les Haïtiens sont les premiers responsables de ce qui se passe en Haïti. Parfois, on parle de la communauté internationale, mais les Haïtiens sont les responsables de l’administration du pays. À plusieurs reprises, nous avons eu de bonnes occasions telles que……………………………………………….lire la suite sur lenouvelliste.com

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Allo Lapolis 18 Juillet 2017,Anba Morne Pilboro Lapolis Mare Te Gwo Gang Sa Yo

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Le processus de recrutement pour la nouvelle force armée

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Début du recrutement de 500 membres de l’Armée que compte mettre en place l’équipe Tèt Kale No 2 via le Ministère de la défense.

Selon l’ancien Colonel Himmler Rébu, le processus de remobilisation des forces armées d’Haïti, tel qu’il se présente, est mal parti.

Himmler Rébu met l’accent sur la nécessité que la population s’approprie le projet grâce à une communication appropriée. Les conditions socio-politiques pour le rétablissement de l’armée existent, mais des doutes subsistent sur la distance de la nouvelle force par rapport au pouvoir politique.

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Les Forces armées d’Haïti/Recrutement: Les jeunes se bousculent pour intégrer la nouvelle force armée

Source Robenson Geffrard | Le Nouvelliste
Le processus de recrutement pour la nouvelle force armée a démarré. Dans l’ancienne base militaire des Casques bleus coréens dans la commune de Gressier, ils étaient plusieurs centaines de jeunes pendant toute la journée du lundi 17 juillet à faire la queue pour s’inscrire. Un seul discours, une seule motivation : « Je veux m’engager dans l’armée pour servir mon pays… »

Dès l’inscription, les postulants doivent se comporter comme des militaires. Sous un soleil de plomb dans la grande cour de la base militaire à Gressier, des centaines de jeunes, en grande partie des hommes venus d’un peu partout à travers le pays, sont en rang. Les soldats surveillants ne lésinent pas sur les règles et les principes. Les postulants récalcitrants sont punis automatiquement. On les force à faire des pompes. Cela peut prendre deux à trois heures debout avant d’accès à la salle où se font les inscriptions.

Dans la foulée, un ancien sergent des ex-Forces armées d’Haïti tente de brûler les étapes pour permettre à son fils d’avoir accès directement à cette salle sans faire la queue. Il présente aux soldats une sorte de papier pour prouver qu’il a été dans l’armée. « Mon sergent, on a beaucoup de respect pour vous, mais votre fils doit rester dans la ligne comme tous les autres », la position des soldats surveillants est sans appel.

Les très peu de jeunes filles intéressées à intégrer le nouveau corps militaire ont un traitement de faveur. De la discrimination positive, dit-on. Elles ne sont pas obligées à faire la queue sous le soleil. Elles sont directement conduites à la salle d’inscription.

Régine, 23 ans, vit à l’ONA-Ville. En s’inscrivant dans l’armée, elle espère aider son pays. Mais aussi trouver un emploi. C’est le même discours pour tous les postulants. « « Je veux m’engager dans l’armée pour servir mon pays… »

Pour la première journée, il y en a qui ont passé la nuit devant la base militaire. Pour une raison ou pour une autre, ils n’auront pas tous la possibilité de se faire inscrire. Jocelyn est né en avril 1992, il a 27 ans aujourd’hui. Avec deux ans de plus que l’âge exigé, il n’est donc pas qualifié pour intégrer la nouvelle armée. Il implore le soldat de garde de le laisser passer. Pour lui, deux ans de différence ce n’est pas aussi grave. « Je veux juste servir mon pays, je viens des Gonaïves pour me faire inscrire », supplie-t-il. Le militaire ne se laisse pas influencer. « J’ai reçu des ordres ! Vous ne pouvez pas entrer ».

Pour Sylvie, tout est correct. À 22 ans, elle remplit presque tous les critères et a en sa possession presque toutes les pièces exigées, sauf la Carte d’identification nationale (CIN). « J’ai la déclaration de l’ONI qui certifie que j’avais fait la carte, mais on n’a pas voulu accepter mon inscription », regrette-t-elle l’air désolé.

Pour la première journée, déjà 173 postulants se sont fait inscrire, selon le commandant de la base de Gressier, le capitaine Louicin Dieudonné. Dans la première étape, les employés civils et militaires vérifient………………………….lire la suite sur lenouvelliste.com

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Des jeunes excités veulent faire partie d`une armée sans chef!

L`armée d`Haiti s`apprête à renaître de ses cendres. En l`absence d`un état major connu, reconnu et validé par le parlement, c`est plutôt les responsables du ministère de la Défense qui s`en chargent. 

Gressier, mardi 18 juillet 2017 ((rezonodwes.com))– Annoncé en fanfare sur tous les médias et réseaux sociaux, le recrutement de 500 jeunes de 18 à 25 ans a débuté lundi 17 juillet à l`ancienne base des casques bleus coréens et se poursuivra jusqu`au 21 juillet prochain.

Cette initiative représente une opportunité certaine pour une jeunesse frappée par le chômage et le manque de possibilités de formation. Des centaines d`entre eux, ont donc bravé le soleil de plomb pour se faire inscrire dans la liste des aspirants.

Pour espérer faire partie de cette première cuvée, les critères et conditions d`admission sont assez simples : Être de nationalité haïtienne ; Être célibataire ;  Être âgé(e) de 18 à 25 ans révolus ;  Être de bonne santé physique et mentale ; Avoir au minimum réussi la classe du Nouveau Secondaire II (NS II) ; Avoir réussi l’examen intellectuel et physique prévu à cet effet.

Les intéressés doivent obligatoirement fournir les pièces suivantes à l’inscription :
1. Certificat de 9e année plus (+) carnet Nouveau Secondaire II avec mention admis en réthorique ou Bac I ou Bac II ;
2. Certificat de Bonne Vie et Mœurs délivré par la Police Nationale d’Haïti ; DCPJ pour ceux habitant la zone métropolitaine
3. Original de l’Acte de Naissance ou Extrait des Archives de l’Acte de Naissance ;
4. Quatre (4) photos d’identité de date récente [deux (2) de face, deux (2) de profil] ;
5. Carte d’Identification Nationale (CIN) et Matricule Fiscal (NIF) .

Démobilisées en 1995, au retour d`exil de Jean Bertrand Aristide, les Forces armées d’Haïti (FADH) traînent une sombre histoire jonchée de coups d`état, de dépendance par rapport aux étrangers, de répressions sanglantes contre la population civile et d`une totale inaction face aux catastrophes naturelles qui ont frappé Haiti dans le passé.

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