L’économiste Enomy Germain émet des réserves sur une prévision de croissance moyenne de 3 % ne tenant pas compte de la réalité actuelle des finances du pays

By | January 20, 2021

Selon les données de la Commission nationale de la sécurité alimentaire, le revenu de 95 % des ménages a chuté de façon spectaculaire et le chômage a augmenté de 10 % en Haïti.

Mardi 19 janvier 2021 –Le régime Tèt Kale fait feu de tout bois et se lance dans d’interminables promesses à l’approche de la fin de mandat constitutionnel de Jovenel Moise. L’administration Moise-Jouthe a promis un plan de relance économique post-Covid-19 (Prepoc) – [dont la science ne prédit pas encore la fin] – qui vise à relancer le secteur au cours des trois prochaines années. « Qu’il est ambitieux » ce projet, ont affirmé des experts haitiens.

Le projet vise à diversifier et à élargir la base de production, à améliorer les services énergétiques, ainsi que l’éducation, la santé, les transports et les communications.

Pour atteindre ces objectifs, un taux de croissance de 3 % est proposé jusqu’en 2023, ainsi que la réduction progressive de l’inflation à 10 % et la création de quelque 50 000 emplois.

L’économiste Enomy Germain a émis des réserves quant à la prévision de croissance moyenne de 3 % avancée par l’exécutif Tèt Kale, et a déclaré qu’ »elle ne tient pas compte de la réalité actuelle des finances nationales« .

Au cours des trois dernières années, la croissance négative moyenne de l’économie haïtienne a été d’environ un point de pourcentage, frappée par les troubles sociopolitiques et la pandémie de Covid-19.

Germain a également exprimé des doutes sur la capacité de financement du projet gouvernemental, dont le budget s’élève à 347,9 milliards de gourdes (environ 4,9 milliards de dollars), cependant, 88 % de ces revenus dépendent de l’aide internationale.

Richard Sérent, économiste, pour sa part, a souligné les risques sociopolitiques qui pourraient affecter l’initiative, notamment lorsque l’administration organise des élections générales et un référendum pour modifier la constitution actuelle.

L’insécurité et la faiblesse des institutions étatiques sont également des obstacles à ce plan, a-t-il signalé lors de la cérémonie du troisième anniversaire de l’Association haïtienne des journalistes économiques pour le développement.

En septembre dernier déjà, le premier-ministre de facto, Jospeh Jouthe, avait annoncé le Precop qui devait propulser le pays vers une nouvelle dynamique de croissance, grâce à la diversification de l’économie, et au développement des infrastructures de base et des services énergétiques.

L’économie d’Haïti, considérée comme le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental, a été gravement touchée par la pandémie de Covid-19, qui a rendu malades plus de 10 900 personnes et en a tué 240.

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